Tartuffe ou l’imposteur

Par Molière, Créé à L’Abeïcité à Corbigny en 2014

Dans un monde de plus en plus incompréhensible, de plus en plus réglementé, de plus en plus dépressif, on fait la part belle à ceux qui veulent en donner un sens.

Tartuffe ou l’Imposteur, l’œuvre de Molière est plus que jamais d’actualité. Le À Vrai Dire Collectif fait redécouvrir la pertinence de Molière sur la question de l’obscurantisme. La particularité : cette Comédie est jouée à quatre acteurs.

Grâce à ce dispositif, le À Vrai Dire collectif interroge avec humour nos croyances, nos préjugés, notre humanité.


Parole de spectateur

« Qu’est-ce que nous pouvons partager ?

Il suffit de créer artificiellement un couloir où circule la parole, de le délimiter avec des chaises de chaque côté et de proposer au public, attiré simplement par la curiosité d’un texte dont l’auteur et la pièce appartiennent au patrimoine « Tartuffe » de Molière.

Ils sont venus pour de bonnes raisons, parce que Molière, parce que Tartuffe, parce qu’intrigués par les alexandrins, parce qu’ils lisent les journaux où la pièce est annoncée, parce qu’ils se trouvent en vacances et que c’est peut-être l’occasion de prendre le temps de vivre des choses en marge du quotidien, parce que c’est gratuit, parce que c’est une représentation en plein air, parce que c’est autre chose que de franchir les portes d’un théâtre, parce que c’est plus naturel, parce que c’est plus simple et ça vous laisse intact d’être ce que vous êtes, loin de l’idée de la représentation dans un lieu solennel. Parce que c’est comme si tout d’un coup le théâtre faisait le pas nécessaire pour venir chez vous, sans vous bousculer. On peut s’y rendre seul, accompagné, en famille avec les enfants, les parents, les grands-parents.

Il suffit d’inviter alors ce public à s’asseoir avec vous, comme autour d’une grande table, on se met du côté choisi, à côté de qui l’on veut et on se sent un peu comme à la maison, parce qu’il y a quelque chose de familier et de tranquille à se trouver si proche les uns des autres, à pouvoir regarder sans embarras les gens d’en face qui vous ressemblent. On sait que le couloir de circulation, c’est la table, c’est aussi le plancher de bois du théâtre, et que là vont apparaître les acteurs dans la lumière, ceux qui peuvent nous toucher, nous réjouir et nous changer.

La proximité du public et des acteurs est rassembleur. C’est dans ce bouillon d’acteurs, d’énergies et de vitalités que nous avons jouissance à regarder et à écouter, parce qu’ils nous ressemblent et qu’en même temps ils nous transmettent quelque chose au présent dont ils ont seuls le secret. Un savoir faire ensemble, une communauté de liens dicibles et indicibles, une envie commune de partager, de nous inviter pour une fête collective où chacun trouve sa place. Ils nous invitent à leur table. On entre par la petite porte sur la grande scène du théâtre, sans avoir peur. Les comédiens nous touchent parce qu’ils ont cette générosité qui nous manquent parfois et que nous apprécions, parce qu’ils sont dans le couloir de toutes nos énergies comme des étoiles en suspension dans un ciel qui fait feu de tout bois. »


Interview

Extrait

Les acteurs

Alice Thalamy

Elle co-fonde et travaille depuis 2011 au sein du A VRAI DIRE Collectif, en Bourgogne, en Belgique et à Paris, avec lequel elle joue: Rhapsodie et Pendant que la viande pousse dans les supermarchés, Tartuffe ou l’Imposteur de Molière et Prémices d’une révolution – création théâtrale contemporaine 2018-2019.

Elle a travaillé depuis 2015 avec la Cie CK Points – Paris : création du spectacle « J’ai dit Silence » au Centquatre – Paris, l’institut français de Fès au Maroc et au point éphémère à Paris. Et les projets européens ATLAS, vers la création partagée, en Italie (Bologne), en Belgique (Anvers), en Pologne (Varsovie), Centquatre – Paris et Torcy avec la Ferme du buisson 77.

Depuis 2018, elle collabore avec le collectif Mapaso, danse et théâtre, franco-colombien à Paris.

Au cinéma, elle a travaillé sous la direction de Tony Marshall pour le film « tu veux ou tu veux pas » 2015 et Zabou Breitman « No et moi » 2010.

Au théâtre, elle interprète Hermione dans « Andromaque » de Racine mis en scène par Mourad Mansouri. Elle joue et met en scène « Les Bonnes » de Jean Genet ainsi que « J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne » de Jean-Luc Lagarce à La Ferme du buisson-scène nationale.

En 2013, elle réalise la lecture-performance intégrale de « L’Odyssée » d’Homère pour le théâtre des Ateliers et les lectures pour le festival littéraire « Lettres d’Europe et d’Ailleurs » (éditions 2013 et 2014) à la Cité du Livre / La Méjanes à Aix en Provence.

Formée au théâtre avec Agathe Rouillier, Michel Cerda, Jean François Auguste, David Géry, Michel Archimbaud, Delphine Boisse.

Formée à la Compagnie d’entraînement dirigée par Alain Simon au théâtre des Ateliers d’Aix en Provence, et en études théâtrales à la faculté d’Aix en Provence – Marseille et Paris.

Titulaire de la Licence d’études théâtrales de la Sorbonne-nouvelle et du DET Diplôme d‘Etudes théâtrales du Conservatoire d’art dramatique de Noisiel.

Anna Schaeffer

Elle a été formée Conservatoire Royal de Liège ( E.S.A.C.T.) où elle y rencontre Romain Vaillant. Durant sa formation, elle travaille notamment avec Raven Ruel, Vincent Heinebick et Christophe Gockel.

En 2011, Elle joue la femme d’avant de Roland Schimmelfeling avec Maryline Even, mis en scène par Jacques Descorde au Théâtre les Pipots à Boulogne sur mer. Ainsi que Les Marathoniens, pièce écrite et mise en scène par Jacques Descode.

En 2013, elle vient donner un regard extérieur sur la première création de l’A vrai dire Collectif. L’année suivante, l’A Vrai Dire Collectif lui propose de travailler sur Tartuffe ou L’Imposteur de Molière. Une tournée s’en suit. Elle tourne Le Port de l’oubli avec Victor Lanoux pour FR3, en 2014. La même année, Daniel Tonachella lui donne son premier rôle au cinéma dans La Route du Deal. Par la suite, elle tourne avec Guillaume Gallienne et Lucas Belvaux.

Durant ce temps, elle travaille sur une création théâtrale « J’abandonne une partie de moi que j’adapte » avec Justine Lequette, pris au Festival de liège en 2017 et au théâtre National en 2018. Lola Gantillon lui propose un rôle dans son court-métrage « Horizontal », prix de réalisation festival l’ombre d’un court.

Elle joue Emilia dans « Othello » mis en scène par Aurore Fattier (saison 2018/19), Tournée sur les CDN de France en 2019/2020. La pièce « Déracinés » écrite et mise en scène par Bogdan Zamfir remporte l’appel a projet France/Roumanie 2018 (Lavoir moderne parisien / CNDB de Bucarest), une tournée sans suit (Festival Piatra Neamt/ Cité miroir liège).

En parallèle, elle développe le travail photographique de portrait et de scène théâtrale. Elle photographie les spectacles comme « Pink Boys and old ladies » (m.e.s. clement Thirion), « penthésilé » (m.e.s. Thibaut wenger)…

Romain Vaillant

Il a été formé au conservatoire de Bourg-la-Reine puis au Conservatoire à Rayonnement Départemental du Val Maubuée à Noisiel auprès de Delphine Boisse, Guy Segalen et Mourad Mansouri. Il intégre l’Ecole Supérieure d’Acteurs de Cinéma et de Théâtre de Liège en 2010 où il travaille notamment avec Raven Rüel, Toshiki Okada, Delphine Bibet, Françoise Bloch et Mathilde Lefevre.

Il obtient son Agrégation en Art Dramatique en 2015.

Il a joué Les récoltes sonores, création et co-écriture avec Laura Kpegli qui a tournée en Afrique au Togo en Janvier 2010, Andromaque de Racine mis en scène par Mourad Mansouri à l’ Auditorium Jean Cocteau à Noisiel.

En 2014, il créé avec Sophie Warnant Ha Tahfénéwai ! Spectacle autour de la psychothérapie institutionnelle en tant qu’artiste de la saison au Théâtre National de Bruxelles et en Co-production avec le Théâtre National de Bruxelles et le Festival de Liège. Ils ont reçu le PRIX DE LA CRITIQUE 2015 de la Meilleure découverte.

Sylvain Laborde

Formé à l’école Claude Mathieu en 2010 et par le Théâtre des Chimères de Biarritz avec Jean-Marie Broucaret. Il a travaillé notamment avec Jean Bellorini dans le spectacle « Des espoirs ». Il a joué au festival Premier Pas a la Cartoucherie de Vincenne dans le spectacle « L’atelier » de Jean-Claude Grumberg mis en scène par Gaelle Hermant en 2011.

II intègre l’A Vrai Dire Collectif, ou il crée et joue dans la première création « Rhapsodie » et dans « Tartuffe » de Molière.

En 2015, il monte avec le Collectif la nouvelle création « Pendant que la viande pousse dans les supermarchés ». Il suit une formation dans « l’entreprenariat théâtral » à Liège ainsi qu’au Théâtre National de Bruxelles et au Raoul Collectif en Belgique.

Il a travaillé à l’opéra de la Monnaie de Bruxelles en 2016 sous la direction de Richard Brunel dans Béatrice et Benedict. Il monte avec le collectif la création « Prémices d’une Révolution ».

Nouveau projet de capsules vidéos « La pause radio ».

Ils en parlent

article-JDC-du-16-fevrier-2017-MCNN

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